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Épargne retraite : PER, PEA, assurance-vie, les réflexes pour bâtir un complément de revenu

L'écart entre le dernier salaire et la pension peut être important, prévient l'AMF. Budget, choix du placement, mode de gestion, sortie en capital ou en rente : voici les étapes pour préparer sa retraite.

Portrait illustré de Nicolas Garnier

Par Nicolas Garnier, Journaliste investissements

Publié le · 3 min de lecture

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Des lunettes posées sur un livre ouvert, une tasse de café entamée sur une table en bois près d'une fenêtre.
Des lunettes posées sur un livre ouvert, une tasse de café entamée sur une table en bois près d'une fenêtre. Illustration générée par IA · Minuit Crypto

L'essentiel

  • Selon l'AMF, il faut d'abord équilibrer son budget et disposer d'une épargne de précaution immédiatement disponible avant d'épargner pour la retraite.
  • Le PER, créé par la loi Pacte en 2019, remplace progressivement le PERP, le contrat Madelin, la Préfon et le Perco, qui ne sont plus commercialisés depuis le 1er octobre 2020, ainsi que le contrat Article 83, remplacé par le PER obligatoire.
  • Les sommes placées sur un PER sont en principe bloquées jusqu'à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé, et peuvent être récupérées en capital ou en rente (avec possibilité de panacher les deux pour le Perco et le PER collectif).
  • Le PEA et l'assurance-vie multisupports, non dédiés à la retraite, peuvent compléter l'effort d'épargne de long terme, avec des avantages fiscaux après 5 et 8 ans de détention respectivement.

Selon le Baromètre de l'épargne et de l'investissement de l'AMF, 44 % des Français épargnent en prévision de la retraite (chiffre de septembre 2021). L'AMF rappelle que l'écart entre le dernier salaire et la pension peut parfois être important, et qu'il vaut mieux préparer cette étape le plus tôt possible.

Certains placements financiers permettent de se constituer un complément de revenu pour compenser cette baisse. Les dispositifs décrits ci-dessous relèvent du droit français, notamment de la loi Pacte.

Par où commencer avant d'épargner pour sa retraite ?

Première étape selon l'AMF : vérifier que son budget peut absorber un effort d'épargne supplémentaire. Épargner sur le long terme suppose des comptes équilibrés.

Il faut aussi conserver une épargne de précaution, disponible immédiatement, et s'assurer qu'aucun autre projet n'est prioritaire, comme préparer l'avenir de ses enfants. Une fois ces conditions réunies, l'AMF suggère de mettre en place des versements réguliers (50, 100 ou 200 euros par mois, par exemple) que l'on pourra tenir plusieurs années.

Qu'est-ce que le PER et quels produits remplace-t-il ?

Le Plan d'épargne retraite (PER) a été créé en 2019 par la loi Pacte pour harmoniser l'épargne retraite et, à terme, remplacer les produits antérieurs. Il existe en version individuelle ou d'entreprise.

Le PER individuel prend le relais du PERP, du contrat Madelin et de la Préfon, qui ne sont plus commercialisés depuis le 1er octobre 2020. Les détenteurs de ces anciens produits peuvent les conserver ou transférer leur épargne vers un PER individuel, ouvert auprès de leur intermédiaire habituel ou en ligne.

Point essentiel : les sommes sont par principe bloquées jusqu'au départ en retraite. Des cas de déblocage anticipé existent et ont été harmonisés avec le PER. Le PER individuel offre certains avantages fiscaux et autorise les transferts entre produits retraite. À la retraite, l'épargne est récupérée sous forme de capital ou de rente.

Comment fonctionne l'épargne retraite proposée par l'employeur ?

La loi Pacte a créé deux PER d'entreprise : le PER collectif, qui remplace le Perco (Plan d'épargne pour la retraite collectif), et le PER obligatoire, qui succède au contrat Article 83. Le Perco n'est plus commercialisé depuis le 1er octobre 2020, mais les salariés qui en disposaient avant cette date peuvent le garder, sauf si leur employeur le transforme en PER collectif.

Sur un Perco ou un PER collectif, le salarié peut placer sa prime d'intéressement ou sa participation, alors exonérées d'impôt sur le revenu, et effectuer des versements volontaires. L'employeur peut aussi abonder, c'est-à-dire compléter les versements proportionnellement à ce que le salarié a placé dans l'année.

À la sortie, trois options : le capital en une fois (sauf pour les sommes issues des versements obligatoires du PER obligatoire), la rente versée jusqu'au décès, ou un panachage des deux.

Gestion pilotée ou gestion libre : quelle différence ?

Par défaut, le PER fonctionne en gestion pilotée. Un professionnel gère l'épargne en fonction du profil de risque de l'épargnant et la « désensibilise » progressivement au risque à mesure que la retraite approche, afin de sécuriser les sommes accumulées.

L'épargnant peut préférer la gestion libre et choisir lui-même ses supports. Attention : sans décision explicite de sa part, c'est la gestion pilotée qui s'applique.

Le choix des fonds dépend de l'horizon. Avec 20 ou 30 ans devant soi, l'AMF indique que les fonds actions permettent d'espérer un meilleur rendement ; à l'approche de la retraite, des fonds moins risqués peuvent être privilégiés. Avant d'investir, l'AMF recommande de lire le DIC (Document d'informations clés) de chaque fonds.

Quels autres placements de long terme envisager ?

D'autres enveloppes, non dédiées à la retraite, peuvent compléter le dispositif :

  • Le PEA (Plan d'épargne en actions) : il permet d'investir en actions avec des avantages fiscaux. Après 5 ans de détention minimum, l'épargne peut être convertie en rente viagère exonérée d'impôt sur le revenu, mais soumise aux prélèvements sociaux.
  • L'assurance-vie multisupports : elle donne accès à différents fonds à moyen et long terme. Des rachats sont possibles à tout moment pour obtenir des revenus complémentaires, avec une fiscalité plus avantageuse après 8 ans de détention.
  • La résidence principale : le logement figure parmi les plus gros postes de dépenses d'un foyer. Selon l'AMF, en devenir propriétaire est un moyen de réduire ses dépenses et d'anticiper la baisse de revenus à la retraite.

Quels réflexes garder en tête ?

Commencer tôt, verser régulièrement, adapter le niveau de risque à la durée qui sépare de la retraite, vérifier son mode de gestion et lire la documentation des fonds. Pour les choix précis, l'AMF invite à se rapprocher de son banquier, de son intermédiaire financier ou de l'établissement qui gère son épargne salariale.

Vos questions

Peut-on récupérer l'argent d'un PER avant la retraite ?

Selon l'AMF, les sommes placées sur un PER sont en principe bloquées jusqu'au départ en retraite. Il existe toutefois des cas de déblocage anticipé, harmonisés par la loi Pacte et élargis pour le PER collectif.

Faut-il choisir la gestion pilotée ou la gestion libre sur un PER ?

La gestion pilotée s'applique par défaut : un professionnel réduit progressivement le risque à l'approche de la retraite. La gestion libre permet de choisir soi-même ses supports, à condition de l'avoir demandé explicitement.

Le PEA peut-il servir à préparer sa retraite ?

Oui, selon l'AMF : après 5 ans de détention minimum, l'épargne d'un PEA peut être convertie en rente viagère exonérée d'impôt sur le revenu, mais soumise aux prélèvements sociaux.