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Arnaques crypto : les signaux d'alerte à repérer avant d'envoyer votre argent

Les fausses plateformes de crypto-actifs se sont multipliées, selon l'AMF. Voici comment repérer une arnaque et quelles vérifications faire avant tout versement, en France comme en Belgique.

Portrait illustré de Chloé Bernard

Par Chloé Bernard, Journaliste crypto

Publié le · 4 min de lecture

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Appel inconnu sur un smartphone posé sur une table en bois, près d'une tasse et d'un carnet.
Appel inconnu sur un smartphone posé sur une table en bois, près d'une tasse et d'un carnet. Illustration générée par IA · Minuit Crypto

L'essentiel

  • Selon l'AMF, aucune société sérieuse ne peut garantir un rendement minimum sur des crypto-actifs, et des rendements élevés garantis au-delà de 2 à 3 % n'existent pas.
  • Le schéma type décrit par l'AMF : de petits premiers « gains » retirables, puis des versements plus importants, des retraits bloqués et des « taxes » fictives réclamées.
  • En France, un intermédiaire proposant des services sur crypto-actifs doit avoir le statut de PSCA, vérifiable sur la liste blanche ; les listes noires de l'AMF ne sont pas exhaustives.
  • En Belgique, la FSMA recommande de vérifier l'autorisation d'un fournisseur via la fonction de recherche des sites fsma.be et nbb.be, et de ne jamais donner suite à une offre reçue par téléphone, e-mail ou réseaux sociaux.

Bitcoin, ether et autres crypto-actifs attirent les escrocs. Selon l'AMF, les fausses plateformes se sont multipliées, après les arnaques au Forex, aux options binaires et aux diamants. L'AMF rappelle qu'en pensant spéculer sur ces actifs, l'investisseur risque de perdre toute sa mise.

Comment se déroule une arnaque crypto typique ?

L'AMF décrit un scénario récurrent. Le premier contact se fait par e-mail, téléphone, réseaux sociaux ou messagerie privée, parfois après que la victime a laissé ses coordonnées dans un formulaire sur un site proposant d'investir.

L'interlocuteur se montre très aimable et installe un climat de confiance. Son discours est élaboré, appuyé par un réseau de faux « professionnels du secteur », et vante l'essor du bitcoin et des rendements très attractifs.

La victime est orientée vers une plateforme frauduleuse, soit directement, soit après avoir converti son argent chez un prestataire autorisé. Un premier retrait de soi-disant bénéfices est accordé sur de petites sommes. Mis en confiance, l'investisseur verse davantage, et ces montants ne sont jamais récupérés : interlocuteurs injoignables, somme « bloquée », « problème technique », voire demande de nouveaux versements pour de fausses « taxes » ou de faux « impôts ».

Les témoignages recueillis par l'AMF l'illustrent : une victime a versé au total 53 000 €, une autre 70 000 €, et s'est vu réclamer des taxes fictives pour récupérer ses fonds.

Quelles autres variantes faut-il connaître ?

L'AMF signale plusieurs schémas :

  • L'arnaque au remboursement : un faux avocat, une fausse banque ou une fausse autorité promet de récupérer les fonds perdus… contre un nouveau paiement. Selon l'AMF, ni votre banque, ni l'AMF, ni aucune autorité ne vous contactera d'elle-même pour cela.
  • Le rapprochement affectif : « relation amoureuse » sur une application de rencontres, « amitié » sur les réseaux sociaux, sollicitude envers des personnes âgées ou isolées.
  • L'usurpation de notoriété : faux sites, faux comptes, faux articles ou images d'émissions télévisées reprenant l'identité de personnalités ou de médias connus.
  • Les formations en ligne payantes au trading de crypto-actifs, qui peuvent pousser vers des plateformes frauduleuses.

Quels signaux d'alerte doivent faire stopper tout versement ?

Selon l'AMF, plusieurs éléments doivent alerter :

  • Un rendement élevé garanti : au-delà de 2 à 3 %, « ça n'existe pas », écrit l'AMF.
  • L'urgence : pression, relances, « demain il sera trop tard ». Une décision d'investissement ne doit jamais être prise dans l'urgence.
  • Un interlocuteur à l'étranger : numéro, siège ou coordonnées bancaires hors de France, virement demandé vers un compte étranger ou au nom d'un particulier.
  • La prise de contrôle à distance : demande d'installer une application de partage d'écran, qui sert en réalité à prendre le contrôle de l'appareil et à récupérer des données personnelles.
  • Les versements imprévus : taxe, impôt, assurance, « versements miroirs » ou preuve de liquidité. Une plateforme sérieuse n'impose jamais de payer pour récupérer des fonds déjà investis.
  • Un site douteux : mentions légales absentes ou copiées, fautes d'orthographe, société très récente, nom de domaine inhabituel.

Quelles vérifications faire en France ?

Pour proposer des services sur crypto-actifs (conservation, achat ou vente, échange), un intermédiaire doit disposer du statut de prestataire de services sur crypto-actifs (PSCA). L'AMF publie une liste blanche des professionnels autorisés en France ou dans un autre pays de l'Union européenne.

Pour les produits dérivés comme les CFD sur crypto-actifs, la plateforme doit être prestataire de services d'investissement, vérifiable sur le registre Regafi. Selon l'AMF, depuis le 1er août 2018, l'effet de levier des CFD sur crypto-actifs vendus aux particuliers est limité à 2.

Il est aussi utile de consulter les listes noires de l'AMF et de l'ESMA. Mais l'AMF prévient : elles ne sont pas exhaustives, et une plateforme absente n'est pas pour autant fiable.

Quels réflexes recommande la FSMA en Belgique ?

Selon la FSMA, il faut vérifier qu'un fournisseur inconnu possède une autorisation, via la fonction « rechercher » des sites fsma.be et nbb.be. S'il n'y figure pas, la FSMA invite à le signaler via son formulaire de contact.

Elle recommande de ne jamais donner suite à une proposition reçue par téléphone, e-mail ou réseaux sociaux, de se méfier du démarchage téléphonique non sollicité (« cold calling »), de ne jamais payer de frais peu clairs à des inconnus et de ne jamais communiquer ses données bancaires ou personnelles. Une adresse e-mail en hotmail.com, gmail.com ou yahoo.com doit aussi éveiller la méfiance.

Que faire en cas de doute ou de litige ?

En France, AMF Epargne Info Service répond par formulaire ou au 01 53 45 62 00 ; Assurance Banque Epargne Info Service est joignable au 34 14. Avec une plateforme autorisée en France, le médiateur de l'AMF peut intervenir. Avec une plateforme illégale, le seul recours est une plainte auprès de la police ou de la gendarmerie, avec des chances de récupérer les fonds très limitées, selon l'AMF. Enfin, même chez une plateforme autorisée, les crypto-actifs ne sont pas couverts par le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) en cas de faillite.

Vos questions

Comment savoir si une plateforme crypto est autorisée en France ?

Selon l'AMF, il faut vérifier que l'intermédiaire figure sur la liste blanche des prestataires de services sur crypto-actifs (PSCA). Pour les CFD sur crypto-actifs, il faut consulter le registre Regafi.

Une plateforme me demande de payer une taxe pour retirer mes gains, est-ce normal ?

Non. Selon l'AMF, une plateforme sérieuse n'impose jamais de versement supplémentaire avant de récupérer des fonds déjà investis ; ces « taxes » sont un signal d'arnaque.

Comment vérifier un fournisseur d'investissement en Belgique ?

La FSMA recommande d'utiliser la fonction « rechercher » des sites fsma.be et nbb.be. Si le fournisseur n'y figure pas, elle invite à le signaler via son formulaire de contact.