Cryptomonnaies : volatilité, piratage, fraude, les dangers face aux actions et aux ETF
Le bitcoin fluctue environ cinq fois plus que les grands indices boursiers, selon l'AMF. Wikifin détaille aussi le piratage, la fraude et une protection des investisseurs inférieure à celle des placements classiques.
Suivi par Chloé Bernard, Journaliste crypto
Publié le · 3 min de lecture
Préparé avec l'aide d'outils d'IA à partir des sources citées, sous la responsabilité de la rédaction. Notre méthode

L'essentiel
- Selon l'AMF, des variations de l'ordre de 10 % en une seule journée sont fréquentes pour le bitcoin, alors que le CAC 40, le S&P 500 et le Nasdaq fluctuent environ 5 fois moins.
- Wikifin cite quatre grands dangers : fluctuations extrêmes des prix, piratage des plateformes, manque de transparence et risque de manipulation de marché.
- Sous le règlement européen MiCA, les prestataires de services sur crypto-actifs doivent obtenir un agrément, mais les crypto-actifs ne sont pas couverts par un système d'indemnisation des investisseurs, rappelle Wikifin.
- D'après l'AMF, le bitcoin n'est pas une valeur « refuge » : sa corrélation avec les grands indices boursiers est modérée mais positive.
Investir dans les cryptomonnaies expose à plusieurs dangers que les placements boursiers classiques ne présentent pas, ou pas avec la même intensité. Ce guide s'appuie sur deux sources publiques : Wikifin et l'Autorité des marchés financiers (AMF). Rappel essentiel : avec les crypto-actifs, vous risquez de perdre votre argent.
Quels sont les principaux dangers des cryptomonnaies ?
Selon Wikifin, le premier danger est la perte d'argent liée aux variations extrêmes des prix. Ceux-ci dépendent souvent uniquement de l'offre et de la demande.
Vient ensuite le piratage informatique. Plusieurs plateformes ont subi des cyberattaques, et de nombreux particuliers ont ainsi perdu leurs cryptomonnaies, indique Wikifin.
Wikifin pointe aussi un manque de transparence, tant dans la formation des prix que dans l'exécution des transactions. Il mentionne enfin un risque de manipulation de marché.
Comment fonctionnent les fraudes aux cryptomonnaies ?
Le secteur est visé par de nombreuses tentatives de fraude, selon Wikifin. Un schéma courant passe par les réseaux sociaux : un contact promet l'enrichissement en échange de certains investissements en cryptomonnaies, puis disparaît avec les fonds versés.
L'AMF observe de son côté que les arnaques aux placements sont nombreuses sur Internet et les réseaux sociaux : fausses plateformes de trading, faux placements, formations douteuses, usurpations. Son conseil : vérifier d'abord les autorisations de la société qui propose le placement. Pour les investisseurs belges, Wikifin renvoie au site de la FSMA pour les conseils contre ces fraudes.
Le bitcoin est-il beaucoup plus volatil que les actions ?
Oui, d'après les données publiées par l'AMF sur la période 2017 à mi-2024. Des écarts de l'ordre de 10 % entre le plus haut et le plus bas d'une même journée sont fréquents pour le bitcoin.
L'AMF cite deux épisodes marquants. En mars 2020, l'incertitude liée au début de la crise sanitaire a provoqué une amplitude de 57 % en une journée. En mai 2020, l'annonce de l'interdiction, pour les clients des institutions financières chinoises, des services liés aux crypto-actifs a entraîné une variation de 40 % dans la journée.
Par comparaison, le CAC 40, le S&P 500 et le Nasdaq fluctuent environ 5 fois moins, selon l'AMF. Le régulateur précise que certaines actions prises isolément peuvent être aussi volatiles que le bitcoin.
Comment situer les cryptos par rapport aux autres placements ?
La volatilité mesure l'ampleur des variations passées d'un actif. Selon l'AMF, les actions du CAC 40 affichent une volatilité annuelle comprise entre 15 et 40 %. Certaines petites valeurs, notamment dans les biotechnologies, atteignent 70 à 90 %.
Un ETF actions est souvent classé 4 sur 7 sur l'échelle de risque SRI, ce qui correspond à une volatilité annuelle de 12 à 20 %, rappelle l'AMF. Plus diversifié qu'une action unique, il est jugé moins risqué.
L'AMF souligne toutefois que la volatilité est un indicateur incomplet. Elle varie dans le temps et ne couvre pas d'autres risques, comme celui de liquidité.
Le bitcoin peut-il servir de valeur refuge ?
Non, répond l'AMF. Sa corrélation avec les grands indices boursiers a été faible ces dernières années, souvent entre -20 et +20 %, avec des pics lors de périodes très incertaines. Cette corrélation modérée mais positive suggère un bénéfice de diversification plutôt faible.
L'AMF rappelle aussi que la forte baisse du bitcoin début 2022 a résulté à la fois de facteurs propres (interdiction du minage en Chine, interdiction potentielle en Russie) et d'un recul de la demande d'actifs risqués lié aux perspectives de hausse des taux. Les corrélations, ajoute-t-elle, peuvent évoluer très vite.
Quelle protection offre le règlement MiCA ?
Le règlement européen MiCA encadre l'émission de crypto-actifs et certains services associés. Il impose aux prestataires un agrément délivré par une autorité compétente, explique Wikifin. La liste des prestataires agréés figure sur le site de l'ESMA.
Cette protection reste inférieure à celle des instruments financiers traditionnels, selon Wikifin. Les crypto-actifs ne bénéficient pas d'un système d'indemnisation des investisseurs, contrairement aux instruments couverts par la directive MiFID.
Que disent les investisseurs eux-mêmes ?
L'AMF estime qu'un tiers des investisseurs détiennent des crypto-actifs, souvent du bitcoin. Lors d'une enquête menée par l'OCDE pour l'AMF, beaucoup de détenteurs ont affirmé qu'il était toujours possible de récupérer sa mise. L'AMF insiste : chaque investisseur doit évaluer sa capacité à supporter une perte, et ne s'engager qu'en connaissance de cause.
Vos questions
Quels sont les risques des cryptomonnaies ?
Selon Wikifin, les principaux risques sont les fluctuations extrêmes des prix, le piratage des plateformes, le manque de transparence, la manipulation de marché et la fraude. Vous risquez de perdre votre argent.
Le bitcoin est-il plus risqué que la Bourse ?
D'après l'AMF, les variations quotidiennes du bitcoin sont environ 5 fois plus fortes que celles du CAC 40, du S&P 500 ou du Nasdaq. Certaines actions isolées peuvent toutefois être aussi volatiles.
Les cryptos sont-elles protégées par MiCA ?
MiCA impose un agrément aux prestataires de services sur crypto-actifs, mais la protection reste inférieure à celle des placements classiques. Selon Wikifin, aucun système d'indemnisation des investisseurs ne couvre les crypto-actifs.


