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Bitcoin : les mises en garde de l'AMF sur les risques et les offres d'investissement trompeuses

L'AMF rappelle que le bitcoin n'est pas une monnaie et qu'il peut s'avérer très risqué. Elle détaille les pièges à éviter, des plateformes non autorisées aux offres séduisantes diffusées sur les réseaux sociaux.

Portrait illustré de Chloé Bernard

Suivi par Chloé Bernard, Journaliste crypto

Publié le · 3 min de lecture

Préparé avec l'aide d'outils d'IA à partir des sources citées, sous la responsabilité de la rédaction. Notre méthode

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Portefeuille Ledger Nano S et sa phrase de récupération manuscrite sur une table en bois.
Portefeuille Ledger Nano S et sa phrase de récupération manuscrite sur une table en bois. Illustration générée par IA · Minuit Crypto

L'essentiel

  • Selon l'AMF, le bitcoin n'est pas une monnaie en France : seul l'euro a cours légal et aucun commerçant n'est obligé de l'accepter.
  • Pour proposer des services sur crypto-actifs en France, un professionnel doit disposer du statut européen de prestataire de services sur crypto-actifs (PSCA) ; l'AMF et l'ESMA publient des listes noires d'acteurs non autorisés.
  • L'AMF illustre la volatilité du bitcoin : 56 301 € en novembre 2021, 15 421 € le 25 décembre 2022 (-73 %), puis un record à 106 275 € le 6 octobre 2025.
  • Le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) ne couvre pas le bitcoin en cas de faillite de l'intermédiaire, et la perte de la clé privée empêche de revendre ses bitcoins.

L'Autorité des marchés financiers (AMF) consacre une page de son espace épargnants aux risques de l'investissement dans le bitcoin. Son message tient en un mot : prudence. Voici, point par point, ce que l'AMF rappelle aux particuliers.

Le bitcoin est-il une monnaie ?

Non, insiste l'AMF. Apparu en 2009, le bitcoin est souvent qualifié de « monnaie virtuelle » ou de « crypto-monnaie », mais il n'est pas reconnu comme une monnaie en France, où seul l'euro a cours légal. Il s'agit d'un actif numérique, ou crypto-actif, sans pièces ni billets.

Certains sites et commerces l'acceptent comme moyen de paiement, mais aucun commerçant n'est tenu de le faire. Le bitcoin fonctionne en réseau, sans intermédiaire, grâce à un protocole appelé « blockchain », dont les informations enregistrées ne peuvent être ni modifiées ni supprimées. Il n'est contrôlé ni par une banque centrale ni par un gouvernement.

Comment les bitcoins sont-ils créés ?

Les nouvelles unités naissent du « minage » : des internautes, les mineurs, vérifient les transactions et sécurisent le réseau avec du matériel informatique spécialisé. Celui qui remporte la validation reçoit de nouveaux bitcoins.

Le nombre total est plafonné par le protocole : la production doit s'arrêter à 21 millions d'unités en 2140, selon l'AMF, qui indique que près de 94 % des bitcoins ont déjà été émis.

Comment savoir si une plateforme est autorisée ?

C'est le premier risque pointé par l'AMF. De nombreuses plateformes en ligne permettant d'acheter ou de vendre des bitcoins ne sont ni enregistrées ni agréées auprès de l'AMF ou d'un autre régulateur européen, et certaines sont de pures arnaques.

Depuis le 1er juillet 2026, tout professionnel qui propose des services sur crypto-actifs doit disposer du statut européen de prestataire de services sur crypto-actifs (PSCA). Les sociétés qui détenaient l'ancien statut français de PSAN sans obtenir celui de PSCA n'ont plus le droit d'offrir leurs services et doivent informer leurs clients de la fin de leurs activités et du sort de leurs cryptos.

L'AMF tient une liste blanche des PSCA autorisés en France et des listes noires de plateformes frauduleuses, mises à jour très régulièrement. L'ESMA, l'Autorité européenne des marchés financiers, publie aussi une liste noire des sociétés non autorisées dans l'Union européenne.

Quel est le risque de perte ?

L'AMF qualifie le bitcoin d'« extrêmement volatil » : son prix peut fortement varier en peu de temps et reste largement imprévisible. Elle cite un exemple : 56 301 € en novembre 2021, puis 15 421 € le 25 décembre 2022, soit une perte de 73 %, avant un nouveau record de 106 275 € le 6 octobre 2025.

Investir dans le bitcoin expose donc au risque de perdre l'argent investi, parfois en quelques jours, voire quelques heures. L'épargnant n'est pas non plus assuré de pouvoir revendre au moment souhaité et à des conditions satisfaisantes.

Autre point clé : le bitcoin n'étant ni une monnaie ni un titre financier, il n'est pas couvert par le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) en cas de faillite de l'intermédiaire, contrairement aux dépôts bancaires ou aux actions et obligations.

Que se passe-t-il si l'on perd sa clé privée ?

Les bitcoins sont conservés dans un « wallet » numérique ou sur des supports physiques comme des clés USB spécifiques. Il revient à l'investisseur de protéger ce stockage, ou de vérifier que le PSCA qui conserve ses actifs a mis en place des mesures de sécurité comme la double authentification.

L'achat de bitcoins donne accès à une clé privée unique. Sans elle, impossible de revendre ses bitcoins et d'en récupérer la valeur en monnaie légale, souligne l'AMF.

Quelles offres doivent alerter ?

L'AMF appelle à la plus grande prudence face aux propositions diffusées sur Internet et les réseaux sociaux, et rappelle que le bitcoin s'adresse aux investisseurs avertis.

  • Les CFD sur bitcoin : il faut vérifier que le courtier est agréé comme prestataire de services d'investissement (PSI) et se méfier de l'effet de levier. Pour un particulier, le levier légal est limité à 2 sur un sous-jacent crypto-actif.
  • Les packs de formation ou de « mining » et les « mandats de gestion » sur actifs numériques : il peut s'agir d'arnaques, très peu d'acteurs étant autorisés à démarcher.
  • Les offres au public de crypto-actifs : elles doivent s'accompagner d'un livre blanc notifié à l'AMF ou à l'ACPR. L'AMF précise qu'elle n'approuve pas ce document, dont l'offreur est seul responsable. Les livres blancs sont répertoriés sur le site de l'ESMA.

Avant d'investir, l'AMF invite à prendre le temps de la réflexion et à contacter AMF Epargne Info Service, par formulaire ou au 01 53 45 62 00.

Vos questions

Le bitcoin est-il garanti en cas de faillite de la plateforme ?

Non. Selon l'AMF, le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) ne couvre pas les crypto-actifs comme le bitcoin, car ce n'est ni une monnaie ni un titre financier.

Comment vérifier qu'une plateforme crypto est autorisée en France ?

L'AMF publie une liste blanche des prestataires de services sur crypto-actifs (PSCA) autorisés en France, ainsi que des listes noires de plateformes frauduleuses. L'ESMA tient aussi une liste noire au niveau européen.

Quel effet de levier est autorisé sur un CFD bitcoin ?

Selon l'AMF, la limite légale de l'effet de levier est de 2 lorsqu'un produit spéculatif reposant sur un crypto-actif est proposé à un particulier, ce qui concerne les CFD sur bitcoin.