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Guide crypto

Choisir une plateforme crypto au-delà de l'agrément : conservation, frais, sécurité et recours

Vérifier qu'une plateforme est autorisée n'est que la première étape. Entre deux prestataires agréés, les conditions de conservation, les frais publiés ou le traitement des réclamations peuvent différer. Voici ce que le règlement MiCA leur impose de rendre public, et ce que l'AMF conseille de regarder.

Portrait illustré de Sophie Martin

Suivi par Sophie Martin, Journaliste fintech & innovation

Publié le · 5 min de lecture

Cet article a été préparé avec l'aide d'outils d'IA, sous la responsabilité de la rédaction. Notre méthode éditoriale

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Un ordinateur portable, un portefeuille matériel de cryptomonnaie et un carnet sur une table en bois.
Un ordinateur portable, un portefeuille matériel de cryptomonnaie et un carnet sur une table en bois. Illustration générée par IA · Minuit Crypto

L'essentiel

  • L'agrément d'un prestataire de services sur crypto-actifs (PSCA) porte sur des services précis : la liste blanche de l'AMF indique les activités autorisées pour chaque acteur.
  • Selon l'article 66 du règlement MiCA, un PSCA doit publier sa politique de tarification, de coûts et de frais à un endroit bien visible de son site internet.
  • Pour la conservation, MiCA impose notamment un contrat précisant les responsabilités, les systèmes de sécurité et les frais, ainsi que la ségrégation des actifs des clients.
  • Le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) ne couvre pas les crypto-actifs en cas de faillite de la plateforme, rappelle l'AMF.

Depuis le 1er juillet 2026, selon l'AMF, seuls les prestataires dotés du statut européen de PSCA (prestataire de services sur crypto-actifs) peuvent proposer des services sur crypto-actifs. Vérifier ce statut reste le préalable indispensable : la méthode est détaillée dans notre guide pour vérifier qu'une plateforme crypto est autorisée.

Mais l'agrément ne dit pas tout. Entre deux prestataires autorisés, les services couverts, les frais, les conditions de garde des fonds ou les voies de réclamation peuvent varier. Ce guide passe en revue ce que le règlement européen MiCA oblige les plateformes à publier ou à prévoir, et les précautions recommandées par l'AMF. Il ne compare aucune plateforme et ne constitue pas un conseil en investissement.

L'agrément couvre-t-il le service que vous allez utiliser ?

Un agrément PSCA n'est pas un blanc-seing général. MiCA distingue plusieurs services : conservation et administration de crypto-actifs pour le compte de clients, exploitation d'une plateforme de négociation, échange contre des monnaies ou d'autres crypto-actifs, exécution d'ordres, placement, réception et transmission d'ordres, conseil, gestion de portefeuille et transfert de crypto-actifs.

Un prestataire peut n'être autorisé que pour certains d'entre eux. La liste blanche de l'AMF indique, pour chaque acteur, les activités proposées. Si vous comptez laisser vos cryptos sur la plateforme, vérifiez que la conservation figure bien dans la liste ; si elle vous propose un service de conseil ou de gestion, vérifiez que ce service est lui aussi couvert.

Qui garde vos cryptos, et dans quelles conditions ?

Deux options existent, selon l'AMF : conserver soi-même ses crypto-actifs ou confier leur conservation, et celle de la clé privée, à un PSCA.

Si vous choisissez la conservation par la plateforme, MiCA encadre la relation. Selon la synthèse publiée par l'AMF, le prestataire qui conserve des crypto-actifs pour ses clients doit notamment :

  • conclure avec le client un accord précisant les responsabilités des parties, les systèmes de sécurité et d'authentification et les frais ;
  • tenir un registre des positions de chaque client et séparer les actifs des clients des siens, en particulier en cas d'insolvabilité ;
  • sécuriser les actifs et les clés cryptographiques afin de limiter les risques de perte ;
  • ne sous-traiter la conservation qu'à d'autres conservateurs autorisés au titre de MiCA.

Ce contrat est donc le premier document à lire avant de déposer des fonds. Il indique ce que la plateforme s'engage à faire, et ce qu'elle facture.

Si vous préférez l'autoconservation, l'AMF rappelle que la clé privée est l'élément critique : la perdre signifie perdre définitivement l'accès à ses crypto-actifs. Un portefeuille matériel (« hardware wallet ») expose au risque de perte ou de vol de l'objet ; un portefeuille connecté (« hot wallet ») expose au piratage.

Que se passe-t-il si la plateforme fait faillite ?

L'AMF est claire : le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) ne couvre pas les crypto-actifs en cas de faillite de la plateforme, contrairement aux placements financiers traditionnels.

MiCA prévoit d'autres garde-fous. L'article 70 impose des règles de conservation des crypto-actifs et des fonds des clients, notamment la ségrégation des actifs et le dépôt des fonds auprès d'un établissement de crédit ou d'une banque centrale. L'article 74 oblige chaque PSCA à disposer d'un plan de liquidation ordonnée de ses activités. Ces dispositifs organisent la restitution des actifs ; ils ne garantissent pas leur valeur.

Comment comparer les frais ?

Le règlement facilite la comparaison. Selon l'article 66 de MiCA, un PSCA met à la disposition du public sa politique de tarification, de coûts et de frais, à un endroit bien visible de son site internet. L'AMF rappelle de son côté que le prestataire doit faire preuve de transparence sur ses frais.

Selon le service, d'autres informations doivent être publiées :

  • pour l'échange de crypto-actifs contre des fonds ou d'autres crypto-actifs, le prestataire publie la façon dont il détermine ses prix et les conditions auxquelles un ordre est considéré comme final ; il exécute l'ordre au prix affiché à ce moment-là ;
  • pour l'exécution d'ordres, il est soumis à une obligation de meilleure exécution, qui tient compte notamment du prix, du coût et de la rapidité d'exécution ;
  • pour les transferts de crypto-actifs, le contrat avec le client doit mentionner les frais appliqués.

En pratique, comparez les frais sur l'ensemble du parcours que vous envisagez : dépôt, achat ou échange, conservation, transfert vers un portefeuille externe, retrait.

Quelles garanties de sécurité regarder ?

Selon l'AMF, un PSCA doit mettre en place des protocoles de cybersécurité adaptés contre le piratage et le vol. La plateforme elle-même peut être la cible d'attaques : l'AMF conseille de se renseigner sur les mesures qu'elle prend pour sécuriser ses équipements.

De votre côté, l'AMF recommande un mot de passe fort, voire une double authentification. Elle rappelle aussi qu'une erreur dans l'adresse de destination d'un transfert sur une blockchain publique, comme celle du bitcoin, peut rendre les fonds irrécupérables.

Où trouver les conflits d'intérêts de la plateforme ?

MiCA (article 72) impose aux PSCA de communiquer à leurs clients, à un endroit bien visible de leur site internet, la nature générale et les sources de leurs conflits d'intérêts, ainsi que les mesures prises pour les atténuer.

Pour les plateformes de négociation, MiCA interdit en outre de négocier pour compte propre, selon l'AMF.

Comment sont traitées les réclamations ?

L'article 71 de MiCA oblige les PSCA à établir des procédures de traitement des réclamations efficaces et transparentes, et à en publier la description. Avant d'ouvrir un compte, repérer cette page permet de savoir à qui s'adresser et dans quelles conditions.

En cas de litige persistant, les recours dépendent du pays d'agrément, selon l'AMF. Avec un PSCA autorisé en France, le médiateur de l'AMF peut être saisi. Avec un PSCA agréé dans un autre pays de l'Union, le médiateur de l'AMF reste compétent pour la documentation commerciale ; pour l'exécution des services, il faut se reporter aux conditions générales, avec des démarches parfois dans une autre langue que le français.

Simple exécution ou conseil : quelles protections ?

Le niveau de protection varie selon le service. Selon l'AMF, en cas de conseil ou de gestion de portefeuille, le PSCA doit évaluer vos connaissances, votre expérience, vos objectifs, votre tolérance au risque et votre capacité à subir des pertes. En dehors de ces services, il n'a pas l'obligation de vérifier que les investissements correspondent à votre profil.

Le prestataire doit aussi présenter les risques liés aux crypto-actifs et fournir les livres blancs des projets proposés. L'AMF indique enfin que vous disposez d'un délai de rétractation de 14 jours lorsque vous faites appel aux services d'un PSCA.

Les points à vérifier avant d'ouvrir un compte

  • Le statut de PSCA et les services couverts par l'agrément.
  • Le contrat de conservation : responsabilités, sécurité, frais.
  • La politique tarifaire publiée sur le site, pour l'ensemble des opérations envisagées.
  • Les mesures de sécurité de la plateforme et celles que vous activez vous-même.
  • La description des conflits d'intérêts.
  • La procédure de réclamation et le pays d'agrément, qui détermine vos recours.

Quelle que soit la plateforme retenue, l'AMF rappelle que l'investissement en crypto-actifs est très volatil et risqué.

Vos questions

Comment choisir une plateforme crypto une fois son agrément vérifié ?

Vérifiez que le service que vous comptez utiliser figure parmi les activités autorisées, puis comparez les conditions de conservation, la politique tarifaire publiée sur le site, les mesures de sécurité, la description des conflits d'intérêts et la procédure de réclamation, que MiCA impose de rendre publiques.

Où trouver les frais d'une plateforme crypto agréée ?

Selon l'article 66 du règlement MiCA, le prestataire met à la disposition du public sa politique en matière de tarification, de coûts et de frais, à un endroit bien visible de son site internet.

Mes cryptos sont-elles protégées si la plateforme fait faillite ?

Le FGDR ne couvre pas les crypto-actifs, selon l'AMF. MiCA impose en revanche la ségrégation des actifs des clients, y compris en cas d'insolvabilité, et un plan de liquidation ordonnée des activités.