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Euro numérique

Euro numérique : est-ce une crypto et qu'est-ce que ça changerait pour vous ?

La BCE et les banques centrales nationales préparent un euro numérique, une forme électronique des espèces. Ce guide explique comment il fonctionnerait, où en est le projet et pourquoi il ne s'agirait ni d'un crypto-actif ni d'un stablecoin.

Portrait illustré de Thomas Moreau

Suivi par Thomas Moreau, Journaliste marchés

Publié le · 3 min de lecture

Cet article a été préparé avec l'aide d'outils d'IA, sous la responsabilité de la rédaction. Notre méthode éditoriale

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Un client effectue un paiement sans contact avec son smartphone sur un terminal, à côté d'une tasse et de monnaie sur un comptoir.
Un client effectue un paiement sans contact avec son smartphone sur un terminal, à côté d'une tasse et de monnaie sur un comptoir. Illustration générée par IA · Minuit Crypto

L'essentiel

  • Selon la BCE, l'euro numérique serait une forme numérique des espèces, émise par la banque centrale, gratuite pour un usage de base et utilisable en ligne comme hors ligne.
  • Le Conseil des gouverneurs de la BCE a fait passer le projet à la phase suivante en octobre 2025 ; un projet pilote doit débuter au second semestre 2027 pour 12 mois.
  • La BCE vise une première émission potentielle en 2029, à condition que le règlement européen soit adopté d'ici fin 2026.
  • Garanti par une banque centrale et ayant cours légal, l'euro numérique ne serait pas un crypto-actif ; la BCE a testé des limites de détention hypothétiques allant jusqu'à 3 000 euros par personne.

L'euro numérique n'existe pas encore. La Banque centrale européenne (BCE) étudie, avec les banques centrales nationales de la zone euro, la possibilité de l'émettre. Tant que la législation européenne n'est pas adoptée, tout ce qui suit reste au conditionnel.

Qu'est-ce que l'euro numérique ?

Selon la BCE, il s'agirait d'une monnaie numérique de banque centrale, équivalente aux espèces mais sous forme électronique. Il viendrait en complément des billets et des pièces, sans les remplacer : les espèces garderaient cours légal.

La BCE justifie le projet par l'absence d'option de paiement numérique européenne couvrant toute la zone euro. D'après elle, treize pays sur les vingt et un qui la composent dépendent de systèmes internationaux pour les paiements par carte.

Comment l'utiliserait-on au quotidien ?

Il faudrait ouvrir un compte en euros numériques auprès de sa banque ou d'un prestataire de services de paiement de l'UE. On pourrait ensuite payer avec son téléphone ou une carte, en magasin, sur un site Internet ou entre particuliers.

Point notable : les paiements fonctionneraient aussi hors ligne, grâce à un compte hors ligne alimenté à l'avance. Selon la BCE, l'euro numérique resterait ainsi disponible en cas de problème de connexion ou de panne d'électricité. Tous les paiements seraient instantanés, y compris pour les commerçants.

Est-ce que ce serait payant ?

Les fonctionnalités de base seraient gratuites pour les particuliers, selon la BCE. Les banques pourraient en revanche proposer des services supplémentaires payants, comme les paiements conditionnels, où l'argent n'est transféré qu'une fois la livraison confirmée. Les personnes sans compte bancaire auraient aussi un accès gratuit aux services de base.

La BCE précise que l'euro numérique ne serait jamais une monnaie programmable, c'est-à-dire limitée à des usages, des lieux ou des moments prédéfinis.

L'euro numérique, est-ce une crypto ?

Non, selon la BCE. Il serait émis et garanti par l'Eurosystème, aurait cours légal et vaudrait toujours un euro.

Les stablecoins, eux, sont créés par des entreprises privées et ne sont garantis par aucune banque centrale : leur valeur dépend de la gestion de leurs réserves par l'émetteur. Quant aux crypto-actifs comme le bitcoin ou l'ether, la BCE rappelle qu'ils ne sont adossés à aucune institution, n'ont aucune valeur sous-jacente et que leurs cours peuvent fluctuer fortement, sans qu'aucune organisation soit responsable en cas de perte de valeur.

Attention : la BCE signale de faux courriels et sites proposant d'« investir » dans l'euro numérique. Ce sont des escroqueries ; elle affirme ne jamais solliciter le public pour des placements.

Que deviendrait ma vie privée ?

Selon la BCE, l'Eurosystème ne pourrait pas identifier les utilisateurs à partir des paiements. Pour les paiements hors ligne, seuls le payeur et le bénéficiaire connaîtraient les détails de la transaction, un niveau de confidentialité présenté comme proche de celui des espèces.

En ligne, les banques et prestataires pourraient identifier les utilisateurs pour respecter les règles de lutte contre le blanchiment, comme pour un compte bancaire classique.

Pourra-t-on y placer toute son épargne ?

Non. Les utilisateurs ne pourraient détenir qu'une quantité limitée d'euros numériques, afin d'éviter des sorties excessives de dépôts bancaires. Aucun intérêt ne serait versé, comme pour les espèces.

La BCE a testé, à la demande des colégislateurs, des limites de détention hypothétiques allant jusqu'à 3 000 euros par personne, sans atteinte à la stabilité financière selon son analyse. Le montant définitif n'est pas fixé. En reliant son compte en euros numériques à un compte bancaire, on pourrait payer ou recevoir au-delà de la limite, l'excédent ou le manque étant couvert instantanément.

Où en est le projet ?

Après une phase d'étude (2021-2023) et une phase préparatoire (novembre 2023 à octobre 2025), le Conseil des gouverneurs a décidé en octobre 2025 de passer à la phase suivante. Le Conseil de l'UE a adopté sa position le 19 décembre 2025, le Parlement européen le 9 juillet 2026, ouvrant les négociations en trilogue.

Un projet pilote doit débuter au second semestre 2027, pour 12 mois, avec le personnel des banques centrales et 36 prestataires de services de paiement. La BCE veut être prête pour une première émission potentielle en 2029, si le règlement est adopté d'ici fin 2026. La décision d'émettre ne serait prise qu'après cette adoption.

Et hors de la zone euro ?

Les visiteurs de la zone euro pourraient l'utiliser. Les résidents hors zone euro, dans un État de l'UE hors zone euro ou dans un pays tiers, y auraient accès via des prestataires établis dans l'Espace économique européen ou dans un pays tiers, sous réserve d'accords entre l'UE ou la BCE et les pays ou banques centrales concernés.

Vos questions

L'euro numérique est-il une cryptomonnaie ?

Non. Selon la BCE, il serait émis et garanti par l'Eurosystème, aurait cours légal et vaudrait toujours un euro, contrairement au bitcoin ou aux stablecoins privés.

Quand l'euro numérique sera-t-il disponible ?

La BCE vise une première émission potentielle en 2029, à condition que le règlement européen soit adopté d'ici fin 2026. Un projet pilote doit débuter au second semestre 2027.

L'euro numérique va-t-il remplacer les espèces ?

Non, selon la BCE : il coexisterait avec les billets et les pièces, qui garderaient cours légal.